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Innovations dans le domaine de l’énergie

 

Les politiques énergétiques des trois pays analysés (Allemagne, Autriche, Suisse) encouragent la diffusion de technologies énergétiques durables. Reliées à une demande additionnelle, les taxes énergétiques soutiennent l’innovation et n’affectent pas la position concurrentielle des entreprises dont la performance est accrue par l’adoption de ces technologies.

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Améliorer la position concurrentielle grâce à des innovations dans le domaine de l'énergieAméliorer la position concurrentielle grâce à des innovations dans le domaine de l'énergiehttp://www.nfp71.ch/fr/News/Pages/161115-news-nfp71-projet-innovations-domaine-energie-termine.aspx14.11.2016 23:00:00

Contexte (Projet de recherche terminé)

Conformément à la Stratégie énergétique 2050, le gouvernement fédéral vise à réduire significativement la consommation d’énergie d’ici 2035. Instituer un cadre politique qui encourage l’adoption et le développement de technologies énergétiques durables constitue donc un élément essentiel pour atteindre cet objectif. Au moyen d’un questionnaire d’une conception nouvelle qui avait été envoyé à un échantillon représentatif d’entreprises en Allemagne, en Autriche et en Suisse, l’efficacité des mesures politiques actuellement mises en œuvre a été étudiée et certains facteurs importants permettant d’améliorer leur conception ont été mis en exergue. Si le taux de réponse s’est avéré satisfaisant pour l’Allemagne (36,4%; 2321 observations) et la Suisse (31,4%; 1815 observations), il était à l’inverse très faible en ce qui concerne l’Autriche (7,6%; 539 observations), ce qui suggère que les résultats correspondants doivent être interprétés avec circonspection. Il est également important de noter que les analyses réalisées constituent une évaluation a posteriori se référant à la période 2012-2014.

Objectif

Le principal but de ce projet de recherche a été d’étudier les effets exercés par différents instruments politiques (taxes, subventions, régulation, etc.) sur différents aspects de l’innovation énergétique tant en termes de produits que de processus et d’examiner si l’innovation énergétique influe sur les performances économiques et environnementales des entreprises.

Résultats

Le cadre politique existant actuellement dans les trois pays examinés ne s’avère que partiellement efficace pour inciter les entreprises à adopter des technologies plus durables énergétiquement. De plus, il n’influe pas sur le montant des investissements réalisés dans ce secteur. Les accords/standards volontaires, les subventions et taxes publiques accroissent la propension des entreprises à adopter ces technologies, mais seules les subventions publiques influent positivement sur l’intensité des investissements. Il existe des différences significatives entre les pays étudiés: les taxes sont plus efficaces en Allemagne, les facteurs en lien avec la demande apparaissent plus fructueux en Suisse et les subventions publiques exercent des effets plus positifs en Autriche lorsqu’il s’agit d’accroître la propension des entreprises à adopter ces technologies. Néanmoins, afin d’évaluer plus précisément l’efficacité de ces instruments politiques, il serait nécessaire d’analyser également leur coût économique, ce qui dépasse le champ d’investigation de cette étude et devra faire l’objet de futures recherches.

En ce qui concerne le développement et la commercialisation de technologies énergétiques durables, il a été observé que les subventions exercent des effets positifs, que les accords volontaires n’ont aucun impact et que les taxes et régulations exercent une influence négative. Cette dernière est principalement imputable à la réduction des ressources financières qui en résulte, ressources qui pourraient être utilisées pour développer des produits innovants. L’intensité des effets politiques exercés dépend largement du potentiel d’innovation énergétique des entreprises qui dépend essentiellement de la demande. Les leaders technologiques échappent ainsi aux effets politiques négatifs.

Dans les trois pays analysés, la politique énergétique n’exerce aucune influence négative sur la position concurrentielle des entreprises sur le marché international. Les entreprises qui ont introduit ou développé et lancé sur le marché de nouvelles technologies énergétiques affichent de meilleures performances à l’exportation, ce qui indique qu’il est rentable d’investir dans des technologies énergétiques plus écologiques. L’étude a également révélé que l’adoption de technologies énergétiques exerce un effet positif direct sur la productivité. En outre, il a été observé que les taxes énergétiques, un instrument politique basé sur le marché, exercent un impact positif indirect sur la productivité via l’adoption de technologies énergétiques. Sur ce dernier point, aucune différence n’a été détectée entre les pays observés.

Importance

Importance pour la recherche

Le projet contribue de différentes manières aux recherches en cours: a) l’évaluation de l’environnement politico-énergétique a été améliorée grâce au développement d’un questionnaire d’une conception nouvelle qui vise à vérifier le lien présumé existant entre l’exposition politique et le comportement d’une entreprise et évite les habituels biais méthodologiques; b) Cette étude a exploité un ensemble de données exhaustif et harmonisé couvrant trois pays qui permet un ample contrôle vectoriel et l’identification de différences nationales grâce à l’application de modèles économétriques identiques et à l’utilisation (partielle) de méthodes paramétriques et non paramétriques.

Importance pou la pratique

Les politiques destinées à accroître l’efficacité énergétique n’exercent généralement pas d’impact négatif sur la compétitivité internationale. Les éventuels effets négatifs sont contrebalancés par les impacts positifs liés à l’adoption d’une nouvelle technologie ou les coûts induits par les politiques sont trop faibles pour exercer des effets mesurables. Les décideurs politiques devraient renforcer les effets liés à la demande lors de la conception de nouvelles mesures politiques dans la mesure où ce facteur constitue un moteur important pour accroître l’efficacité énergétique et générer des technologies plus efficaces énergétiquement. Les subventions complètent la gamme d’instruments politiques, mais sont susceptibles de se révéler plus onéreuses. Les mesures de régulation s’avèrent globalement inefficaces pour encourager l’innovation. Les entreprises exploitant intensément des technologies énergétiquement efficaces affichent une productivité plus élevée et sont plus compétitives sur le plan international. Il est par conséquent vraisemblable que le fait d’investir dans l’adoption de techniques énergétiques durables se révélera rentable.

Titre original

Creation and Adoption of Energy-related Innovations

Responsables du projet

  • Dr. Martin Wörter, KOF - Konjunkturforschungsstelle, ETH Zürich
  • Dr. Michael Peneder, Österreichisches Institut für Wirtschaftsforschung, Wien
  • Dr. Spyros Arvanitis, KOF – Konjunkturforschungsstelle, ETH Zürich
  • Dr. Christian Rammer, Zentrum für Europäische Wirtschaftsforschung, Mannheim